132587260_217179816647572_27071112910019
Line separator

LE VILLAGE DE

YAFÉRA

Le village de Yaféra a été fondé au 11eme siècle, par la famille FOFANA, (vers l’an 1000, selon Seydou Touré Kanouté, le tout premier historien du village de Yaféra). L'ancêtre fondateur s'appelle Manga FOFANA. Il est originaire du pays soninké de Koussata, actuel Mali

En Bref...

Manga FOFANA, l'ancêtre fondateur du village de Yaféra est un Fofana-Djoukhadou. C’était un guerrier de la tribu des Kagoro. Il avait pour tâche, d'escorter les caravanes d'un lieu à un autre à travers cette vaste étendue du Nioro du Sahel et du Guidimaxa, à une époque ou la famine et la disette sévissait gravement. Un jour, sa caravane fut attaquée par des brigands et il fut gravement blessé. Ne pouvant plus poursuivre dans son état, il demanda à ses compagnons de partir et de le laisser s’installer dans un endroit ou il pourra se soigner correctement.

 

C’est ainsi qu’il s’installa à un endroit au confluent du fleuve Sénégal et du marigot Goura N’xoole, sur la rive gauche de cette partie du Sénégal qu’il nomma Kadiola, puis Gassambillakhé et finalement Yaféra.

 

Manga FOFANA donna naissance à Manga Tabou FOFANA, qui eut pour fils Manga Berséfé FOFANA qui à son tour engendra Manthio Manga FOFANA. C'est Manthio Manga FOFANA qui, au début du 16ème siècle, vers 1500, a accueilli les familles TIMERA du clan Touré et leur chef Madiéry Touré. 

 

Le clan Touré qui deviendra Timéra par la suite, est arrivé de Wagadou, ancien empire du Ghana après son éclatement. Puis ils sont passés entre autres, par Banaya, Yafillakhé, Sobokou, Dialambi où ils séjournèrent quelque peu avant d’être reçu par Manthio Manga. Leur nombre était important, et le cortège était composé essentiellement de guerriers, mais aussi de marabouts, d’hommes de castes et de captifs.

 

 Leur objectif initial était d’aller combattre Samba Yaté Diagolla, chef de guerre qui avait défié l’autorité des Mangu (la haute noblesse soninké) qui gouvernaient cette partie du monde. Mais ils apprirent sur le chemin que Samba Yaté Diagolla est mort. Une grande partie retourna chez eux, mais 19 chefs de familles, à leur tête le patriarche Madiéry Touré, décidèrent de rester car ils considèrent que leur objectif n’étant pas atteint, retourner bredouille serait un déshonneur.

 

Ils parvinrent à ravir la chefferie à la famille Fofana par un subterfuge, trahissant ainsi l’hospitalité qui leur avait été offerte. Ils ne pouvaient pas rester dans un si petit village avec une si grande force sans en être les maîtres. 

 

C’est alors qu’ils décidèrent de sceller un pacte entre les deux familles qui définira pour la prospérité, le rôle que chacun aura à joué dans leur vie communautaire.

 

Parmis les mesures actées  :

 

  • La famille Timéra héritera de la chefferie exclusive et en assurera le plein exercice.

  • Elle assurera également les fonctions de guide religieux et imams par sa branche maraboutique

  • La famille Fofana conservera l’intégralité des terres excepté celles qu’elle aura concédées pour les habitations et l’exploitation agricole.

  • C’est elle qui intronise les chefs de village

  • Qui assure la régence pendant les 4 mois de période de deuil avec plein exercice

  • Qui pause la première pierre de la fondation de toutes les constructions publiques du village

  • Qui tient le rôle de médiateur dans les conflits et querelles du village

  • Leur demeure appelé Mangara est sacré et constitue un refuge pour tous ceux qui s’y pénètrent quelque soit la nature de leur acte

                      Par Souaibou FOFANA